Belbéanie

Login:
Password:

Créatures de Belbéanie

Les Aniel-Genors

Les Aniel-Genors ou anges sont une création involontaire des Hauts-Mages, des êtres nés d'un événement malheureux.

La légende raconte que peu de temps après le premier mortel et ceux qui comme lui s'écartèrent de la voix de la sagesse, apparurent nombre de sentiments que les Hauts-Mages avaient oubliés, au point de ne pas les connaître. Parmi ces sentiments naquirent la peur, la jalousie et la haine. Et le premier conflit advint en Belbéanie. Comme dans beaucoup de conflits, il partit de rien, une mésentente, un détail malheureux, et dégénéra en monstruosité. Les Hauts-Mages demeurèrent à l'écart, à l'exception de l'un d'entre eux. Ce dernier, qui symbolisait l'âme au sein du groupe des Hauts-Mages, avait très à cœur de suivre le devenir de leur création (les hommes) et se rendit à l'endroit où l'affrontement avait eu lieu. Là, il découvrit que les hommes, dont sept tout juste sortis de l'enfance, s'étaient entre-tués, ne laissant qu'une mare de sang. À la vue de ce carnage, il est dit que l'âme du Haut-Mage se brisa. Au même instant, sept des faucons qui l'accompagnaient continuellement tombèrent morts à ses pieds. Puis il pleura devant ce sinistre spectacle, découvrant pour la première fois la signification du mot chagrin, et au travers de ses larmes jaillirent des parcelles de son âme ; ces dernières vinrent se mêler au sang qui sillonnait les corps des mortels et des faucons. C'est de ce flux de magie, né d'une âme brisée, que naquirent les Aniel-Genors.

Leur nom se traduit littéralement par : « Gardiens des âmes ». Depuis lors, ils veillent sur l'âme des mortels du haut de leur demeure, l'Avienach, lieu de l'après-vie.

Ils ont le physique d'un homme musclé mais bien plus grand que la normale, la sagesse et les ailes d'un faucon, et leurs cheveux noirs coupés très court contrastent avec la couleur ivoire de leur peau. Rien ne saurait les différencier les uns des autres, si ce n'est la couleur de leurs yeux bridés. Des couleurs qui sortent de l'ordinaire, telles que bleu turquoise, jaune, violet ou encore rouge.

Mais gardons un peu de mystère... Je ne saurais vous révéler les noms de ces sept anges gardiens pour l'heure, cependant que cela ne vous empêche pas de rêver d'eux !

Les Syrènes

Habitantes des profondeurs, loin des hommes et de leur mortalité, nul n'a jamais pu contempler leur cité mais cela ne les empêche pas de refaire surface de temps à autre, nous offrant alors les quelques maigres descriptions que nous possédons de ces créatures aquatiques. Je vais vous parler ici des sirènes originelles, les plus anciennes, bien loin de l'image que nous nous en faisons dans notre monde actuel. Cela dit, ces sirènes-là ont également parcouru les mers et océans de Belbéanie, mais elles n'apparurent que bien plus tard, une évolution malheureuse due à leur rapprochement trop fréquent des côtes et des hommes. Sachez que les sirènes, quelles qu'elles soient, ont la capacité de parcourir la terre ferme lorsque la pleine lune est haute et leur désir suffisamment grand. C'est ce droit dont certaines abusèrent, faisant d'elles des êtres mi-humains, mi-sirènes, avec la capacité de voyager entre les deux mondes. Mais ici, je ne vous parlerai pas d'elles, je souhaite vous faire part de l'histoire de leurs origines et peu nombreux sont ceux qui peuvent se vanter d’avoir jamais aperçu une sirène originelle, car pour demeurer telles qu'elles sont, elles doivent vivre dans les grands fonds, et fuir la nature humaine qui les appelle.

Tout commença peu après la création de Belbéanie. Les créateurs mirent fin au néant afin que la vie puisse venir en ces contrées mais une partie du néant chassé demeurait au nord du territoire, assombrissant la contrée d'Alkashyria. L'un des Hauts-Mages réussit à le contenir mais seule l'une d'entre elles pouvait créer une lumière suffisamment puissante pour l'emprisonner. Malheureusement, la lumière qu'elle conçut était d’une telle intensité qu'elle l'aveugla. La brûlure était grande mais elle poursuivit son œuvre, elle approcha de l'océan et envoya cette prison de lumière et son forçat, le néant, au fin fond des profondeurs. Puis elle laissa s’exprimer son chagrin et elle pleura, elle pleura la tristesse et la douleur de perdre la vue. Ses larmes, alors mêlées de parcelles de son âme et de gouttes de son sang, imprégnées de magie, tombèrent, lourdes, au nombre de trois, et atteignirent la surface de l'eau salée. Ainsi naquirent trois sirènes, les premières, les sirènes originelles. Des êtres au visage et aux bras sensiblement humains, mais dont le bas du corps n'était qu'écailles remontant jusqu'à l'endroit où aurait dû se trouver une poitrine et serpentant le long des bras d'albâtre, puis redescendant le long du corps et se terminant en une queue de poisson. Des filaments translucides parcouraient ces écailles, leurs mains étaient palmées et on dit que leurs cheveux, à la couleur bleu-vert se confondant avec celle de l'eau, avaient plus l'apparence d'algues. Cela dit, cette description n'est issue que de récits dont on ne connaît pas l'authenticité ; ce que nous savons avec certitude, c'est que leurs yeux d'un blanc nacré jusqu'aux pupilles les rendaient aveugles à la lumière du jour mais faisaient d'elles les seuls êtres capables de contempler cette lumière créée par les Hauts-Mages. Elles devinrent ainsi les gardiennes de cette lumière et du néant à l'intérieur. Enfin, il semblerait qu'elles n'avaient pas non plus la faculté de parler et n'étaient capables que d'émettre un léger son, un cri, presque un chant qui, tel un sonar, leur permettait de se déplacer dans les profondeurs.

Bien que n’étant que trois, elles vécurent ainsi longtemps, jusqu'à ce que l'une d'entre elles vienne à mourir (l'histoire est racontée dans la légende intitulée : « Le Cœur et l'océan »). C'est à ce moment-là que la nécessité de préserver leur race les poussa vers le rivage, et dans les bras de jeunes hommes, attirés par leur beauté humaine. Certaines des sirènes qui virent le jour par la suite rejoignirent leurs aînées dans leur tâche éternelle de gardiennes et d'autres choisirent un chemin différent, comme je l’ai dit, les éloignant de leur apparence originelle.

Au-delà de leur rôle de gardiennes, les sirènes sont dites faiseuses de Styldion, cette pierre unique à Belbéanie, parfois d'un blanc éclatant, d'autres fois d'un blanc parcouru de reflets d'or et d'argent, ou encore de multiples couleurs. Cette pierre serait une création réalisée à partir de la lumière qu'elles gardent. Mais aussi splendide et mystérieuse que soit le Styldion, il nous faut espérer que sa création destinée à l'homme ne sera pas un jour la cause de l'effondrement de cette lumière, car l'avenir de Belbéanie serait alors catastrophique.

(La description des sirènes est tirée de la célèbre œuvre Créatures magiques écrite par le mage Advinor entre 33 et 395 après la séparation des terres. Son œuvre comprend 9 tomes, les sirènes en constituent le 6e.)